Pourquoi je suis passé de Linux à Mac OS X

Outre les Commodore 64 et autres Thomson MO5 qu'on nous montrait à l'école, le premier ordinateur qui m'ait réellement donné du plaisir était l'Amstrad 464, avec son incroyable lecteur cassette intégré au clavier. J'y jouai chez mon voisin, quand j'étais collégien, et j'en garde des souvenirs énormes. Plus tard, quand j'étais étudiant, je me souviens avoir dû saisir mon mémoire de maîtrise sous Windows 3.1, sur un vieux PC 386 qu'on m'avait prêté ! Souvenir nettement moins agréable, il faut bien le dire. Et lorsque je me suis acheté, avec mon propre argent, mon premier ordinateur, c'était en l'an 2000 et c'était là encore un PC sous Windows (Pentium III). Il faut dire que, comme la plupart des gens, je me suis réellement familiarisé avec l'informatique et l'Internet grâce à Microsoft, d'abord avec Windows 98 puis Windows XP que j'ai conservé jusqu'en 2004, soit pendant 4 ans. Mais voilà, tout cela a fini par changer.

En 2003, je m'intéresse à la conception Web et je découvre le concept de "logiciel libre", qui m'enflamme. La rencontre avec un couple de geeks achève de me convaincre de passer sous Linux et, après une installation un peu Rock'n Roll de la distribution Debian de GNU/Linux, je me retrouve à partir de 2004 avec un dual boot Windows / Linux Debian, sous l'environnement de bureau KDE. Je dois dire que j'ai beaucoup aimé KDE et Debian sous lesquels je n'ai jamais eu aucun problème, aucun bug, aucun souci. La stabilité parfaite. En 2006, je découvre la distribution Ubuntu de GNU/Linux et je décide de devenir autonome, c'est-à-dire d'apprendre moi-même à installer mon système, à paramétrer mon dual boot avec Windows, à installer les bons drivers, etc. Ubuntu est plus simple à manier que Debian, c'est le début d'une longue période linuxienne qui a achevé de me convaincre de ne plus jamais remettre les pieds dans Windows.

Mais voilà, en juin 2009, je m'achète un iPhone.

Et là, je découvre un nouveau monde : celui d'avoir mon PC dans ma poche. Très vite, je me laisse séduire et j'apprends que Mac OS X est, tout comme Linux, un système UNIX (notamment FreeBSD) et que les Mac sont désormais équipés, comme la plupart des compatibles PC, d'une architecture de type Intel i386. Mac OS X est donc une sorte de Linux propriétaire avec toutes les ambiguïtés que cela engendre, mais aussi avec tout ce que cela a de séduisant : on peut installer sur un Mac aussi bien Mac OS que Windows ou même Linux. Cela dit, ce n'est pas suffisant pour me donner envie de quitter Ubuntu.

Le problème, c'est que, sur mon tout nouveau PC sur-puissant, j'ai un petit problème de driver de carte graphique, qui engendre des instabilités sous Ubuntu. À certains moments, mon écran se fige, la souris ne répond plus et je dois redémarrer sauvagement, ce qui, dans le monde Linux, est proprement sidérant. Le problème ne vient d'ailleurs pas de Linux ou Ubuntu : il vient de ma machine qui, pour une raison X ou Y que je n'ai pas réussi à identifier, ne parvient pas parfaitement à co-habiter avec Ubuntu. Manque de chance terrible car j'ai d'autres machines à la maison sous Ubuntu pour lesquelles je n'ai aucun problème. Et un beau matin, alors que ce genre de choses ne m'est pas arrivé depuis des années, je perds un fichier suite à un plantage inattendu d'Ubuntu sur ma machine.

Je décide alors de passer à Mac et, du même coup, à MobileMe, le service de "cloud computing" d'Apple qui permet d'avoir toutes ses données "dans le nuage" et, par conséquent, non seulement de ne jamais les perdre, mais de les avoir également dans sa poche, avec l'appli iDisk pour iPhone. Et là, c'est la révolution en termes d'usage : je pressens que je vais pouvoir vivre autrement mes données, mon accès à mes données, partout, dans le métro, au travail, chez moi, que je vais pouvoir avoir dans ma poche tout ce que j'ai créé comme fichiers depuis 10 ans, que je vais pouvoir envoyer par e-mail un fichier depuis mon iPhone sans avoir besoin de repasser chez moi, et aussi, j'allais l'oublier : que je vais pouvoir consulter mes mails partout et tout le temps, sans parler de Twitter et Facebook. Et c'est ainsi que je me suis acheté un Mac.

Et là je dois dire que j'ai été bluffé, non pas par le prix des Mac qui reste trop élevé quoique les performances le sont également, mais par le concept de l'iMac, sur lequel mon choix s'est porté. Le concept de l'iMac, que j'ignorais car je ne m'étais jamais intéressé à Apple, est proprement une idée de designer : il s'agit d'un écran plat, sans tour. Tout est dans l'écran, le lecteur-graveur tout aussi bien que la carte mère et le disque dur de 640 Go... Du coup, je gagne de la place chez moi en n'ayant plus qu'à déposer un écran-ordinateur sur mon bureau. Le design numérique transforme alors ma manière de me meubler. Et me voilà sous Mac OS X Snow Leopard.

Après quelques semaines d'expérimentations et d'adaptation, je peux dire aujourd'hui que je suis pleinement satisfait et que je resterai sous Mac, et ce, pour plusieurs raisons :

  1. parce que je ne retournerai jamais sous Windows : c'est un système instable, qu'il faut sans cesse redémarrer, qui est saturé de processus, sans transparence, dont on ne contrôle pas le comportement et qui est extrêmement lent, sans parler des virus...
  2. parce que Mac OS X est vendu dans et avec une machine Apple pour laquelle il est customisé, donc exit les problèmes de reconnaissance matérielle et de drivers : le système est pleinement opérationnel, dans toute son étendue et ses composantes, sans avoir aucun travail de post-installation à faire
  3. parce que, dans Mac OS X, je peux installer certains logiciels qui n'existent pas pour Linux, tels que la Creative Suite d'Adobe : plus besoin de redémarrer sous Windows pour aller dans Flash ou Photoshop ; en outre, je n'ai jamais aimé les solutions de virtualisation du type Wine ou Virtual Box, qui consomment beaucoup de ressources. De même, dans Mac OS X, parce que c'est un système UNIX, je peux installer des logiciels qui existent pour Linux mais pas pour Windows...
  4. parce que l'interface de Mac OS X est la meilleure interface graphique existante pour un système d'exploitation : sa conception témoigne d'une démarche de design qui la rend simple, intuitive, immédiate, centrée sur mes besoins directs sans étapes intermédiaires inutiles
  5. parce que Mac OS X, tout comme Linux, ne fait pas -- ou peu ? -- l'objet d'attaques virales : c'est un système sécurisé qui, sans être inattaquable, nous laisse vivre en paix sans même besoin d'un antivirus
  6. parce que Mac OS X, tout comme Linux, est un système UNIX qui a donc 3 avantages : il est totalement transparent, il est customizable et il est très stable, sans plantages à la con ou redémarrages permanents
  7. et enfin parce que Mac OS X fonctionne nativement avec une foule de produits et services Apple innovants qui transforment et améliorent l'expérience utilisateur, au premier rang desquels je place l'iPhone et les services MobileMe.

Voilà pourquoi je me retrouve, comme tant d'autres, capturé par la stratégie d'Apple. Avant, je faisais partie des 0,68 % d'utilisateurs Linux. Maintenant, je fais partie des 7,83 % d'utilisateurs Mac OS. Et vous, toujours dans la matrice avec les 87,38 % d'utilisateurs Windows ? C'est quoi, de la servitude volontaire ? Sortez de la cage, on respire mieux dehors ! :)

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Stéphane Vial