8 concepts-clés de l’ère digitale et de la société numérique

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1. L’intelligence est collective

L’intelligence collective est la valeur produite par les multiples interactions entre les membres d’une communauté. À l’ère numérique, elle se joue principalement sur Internet grâce aux communautés en ligne qui produisent, via des effets de réseaux en temps réel, une richesse cognitive inégalable et inégalée (P. Lévy, 1994).

2. Le Web est social

Le Web 2.0, c’est la possibilité offerte aux usagers de produire eux-mêmes du contenu (User Generated Content) et, par suite, d’entrer rapidement et massivement en relation. C’est le règne des médias sociaux, qui ont bouleversé nos relations aux autres et à nous-mêmes, et dont Facebook et Twitter sont les porte-drapeaux. Si votre e-réputation est mal gérée, c’est la porte ouverte aux rumeurs virales et aux crises de communication.

3. Le virtuel est réel

Nous avons longtemps cru au « dualisme numérique » (N. Jurgenson, 2011 ; S. Vial, 2013 a), c’est-à-dire à la séparation entre le réel et le virtuel. Aujourd’hui, nous savons combien le numérique et le physique sont indissociables : pensons à « l’Effet Twitterfly » (J. Maeda, 2011) des Printemps Arabes. Nous vivons dans un monde hybride, à la fois numérique et non-numérique, en ligne et hors ligne, sur écran et hors écran, qui forme, grâce à l’informatique pervasive, une seule et même réalité augmentée (N. Stimler et S. Vial, 2014).

4. L’utilisateur est producteur

Le consommateur est mort. Qu’on l’appelle produser (Bruns, 2008), prosumer (Ritzer, 2012) 
ou amateur (B. Stiegler, 2010), l’idée est la même : devenu contributeur, l’usager produit autant qu’il consomme. Ce qui l’intéresse ? Donner son avis, participer, collaborer, co-créer, sur un mode pair-à-pair (peer-to-peer), en suivant une logique ascendante (bottom-up). En un mot : avoir plus de pouvoir (empowerment) et user pleinement de ses capabilités (A. Sen). Bienvenue dans la « démocratie Internet » (D. Cardon, 2010) où règne le « pouvoir latéral » (J. Rifkin, 2011).

5. L’économie est collaborative

La désintermédiation est le mécanisme fondamental de l’économie du partage (sharing economy). Les clients de l’ère digitale ne veulent plus d’une relation verticale expert-usager. Plus connectés, plus coopératifs, plus instruits, ils interagissent entre eux, se coordonnent, échangent des informations, s’allient contre les entreprises qui les servent mal, exigent d’être écoutés, reconnus et servis de façon personnalisée. Habitués au plus haut niveau de qualité par les startups numériques (Facebook, Amazon, Airbnb, Booking.com, Uber…), adeptes du Do It Yourself et de la mutualisation au détriment des intermédiaires classiques, ils exercent une pression irrésistible en aval de la chaîne de valeur (N. Colin, 2015).

6. Les usages sont ludiques

Première industrie culturelle, le jeu vidéo exporte ses codes. C’est ce qu’on appelle la gamification. Dans la société numérique, tout ressemble de plus en plus à un jeu, tout est plus fun et jouable (S. Genvo, 2012). Le numérique est ludogène : il stimule l’humeur ludique et favorise le playsir (S. Vial, 2014). Au point où l’on ne sait plus si nos clics relèvent du loisir ou, parce qu’ils génèrent des données qui produisent de la valeur, du travail (Digital Labor) : le Labor devient Playbor (A. Casilli, 2014).

7. Le client est Petite Poucette

Un nouvel humain est né. Ce n’est ni un posthumain ni un transhumain. Il a été baptisé « Petite Poucette » par le philosophe Michel Serres (2012) pour sa capacité à dominer le monde avec son pouce sur son smartphone. Dépassées, les institutions ont du mal à suivre. Débordées, les élites peinent à comprendre (Le Monde, 26 décembre 2013, source). Le digital n’est pas seulement un instrument. C’est notre nouvelle manière d’être au monde et d’être humain (S. Vial, 2013 b).

8. S’adapter ou mourir

Le darwinisme numérique est le phénomène qui se produit à l’ère digitale lorsque la société et la technologie évoluent plus vite que l’aptitude naturelle d’une organisation à s’adapter (B. Solis, 2014). En substance, cela signifie que si votre organisation ne s’adapte pas au numérique, un jour ou l’autre elle disparaîtra (Adapt or Die). Une nouvelle ère de leadership et une nouvelle génération de modèles d’affaires sont nécessaires. C’est tout l’enjeu de la transformation digitale des organisations.